Pourquoi les TNS boudent la prévoyance

Les travailleurs non-salariés (TNS) ont pris de plein fouet la crise sanitaire du Coronavirus : ils sont les plus touchés et la plupart de temps, les moins bien indemnisés. Serait-ce le moment d’une vraie prise de conscience des indépendants de l’importance de miser sur leur prévoyance ? C’est en tout cas ce que le gouvernement et les assureurs espèrent. Mais la route est longue : les TNS, dans la grande majorité, se désintéressent, de leur prévoyance. Pourquoi ? Comment mieux les sensibiliser ? C’est à ce défi que nous nous intéresserons.

Une méconnaissance généralisée de leur couverture 

La première chose à retenir est ce constant implacable : les TNS ne connaissent pas le périmètre de leurs garanties. Il faut ainsi se rendre compte que seulement 29% d’entre eux connaît le montant qui lui serait versé en cas d’incapacité, 22% en cas d’invalidité et 17% en cas de décès.

Le deuxième point marquant est la formidable distorsion entre leur « sentiment de protection » et la réalité de leur faible couverture. En effet les indépendants se sentent plutôt bien protégés par leur régime obligatoire : les taux de satisfaction sont de 42% en arrêt de travail, 48% en invalidité et 53% en décès alors qu’en comparaison avec les salariés leurs garanties sont très faibles !

Le coût de la prévoyance

Les indépendants qui ne s’équipent pas ou pas assez, mettent en avant le prix de la prévoyance : il s’agit pour eux d’un service jugé trop cher et non pas d’un investissement sur l’avenir. Évidemment la méconnaissance du produit en est une cause : quand on ignore le bénéfice d’un produit, il nous semble toujours trop cher.

Mais il faut aussi souligner l’attitude défensive des TNS à ce sujet : très peu d’entre eux déclarent chercher à gagner en sérénité. Ils veulent surtout protéger leur famille et pensent, à tort, le faire plus efficacement en mettant de l’argent de côté.

Les professions libérales ont récemment fait un pas inédit en obtenant l’implantation d’un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2021 mettant en place des indemnités par la Sécurité sociale pour le risque arrêt de travail.

Les avis divergent du côté des assureurs, pour savoir si la prévoyance connaîtra un réel essor auprès des TNS. Il faut espérer que la crise économique et sanitaire fasse changer la donne, que l’information parvienne et dans sa globalité auprès d’eux afin qu’ils soient moins exposés si une nouvelle crise advenait…