Risque Coronavirus : pas encore d’offre adéquate sur le marché de l’assurance ?

La propagation du Coronavirus a des impacts sur tous les plans, le domaine de l’assurance y compris. Depuis quelque temps, les entreprises sont de plus en plus nombreuses à vouloir s’assurer contre les effets de cette épidémie. Si la couverture perte d’exploitation sans dommages est pour celles-ci la solution idéale, rares sont les assureurs qui proposent réellement ce type de garantie. 

Une demande de couverture accrue 

Une entreprise peut subir des pertes économiques importantes si elle ne prend pas des mesures de précaution contre le Coronavirus. En effet, ce dernier est susceptible de provoquer un ralentissement significatif voire un arrêt de la production, en particulier pour les sociétés qui sont implantées en Chine. Face à ce risque, on constate une explosion des demandes d’entreprises souhaitant obtenir une assurance contre les pertes d’exploitations dues à l’épidémie. 

Dans ce cadre, il est important de rappeler qu’il n’existe pas aujourd’hui d’offres spécifiques permettant une prise en charge contre le risque sanitaire. Et dans le cas d’une pandémie, il faut savoir que les assureurs n’accordent aucune indemnisation. Les entreprises semblent donc être livrées à « elles-mêmes », étant donné l’absence de réelle couverture d’assurance. Pourtant, les conséquences du Coronavirus peuvent engendrer des perturbations dans la chaîne de production, des pertes de chiffre d’affaires, une fermeture de sites, avec un coût pouvant atteindre plusieurs millions d’euros. 

Des tarifs "inaccessibles"

Selon de récentes enquêtes 70% des grandes entreprises en activité ne seraient pas assurées contre les pertes d’exploitation (sans dommages matériels, la majorité des 30% restants ne bénéficiant que d’une extension de garantie limitée). 

Et pour cause, les entreprises qui envisagent de souscrire à un contrat sans dommage sont confrontées à des difficultés importantes. À ce jour, il n’existe pas d’offre spécifique permettant aux entreprises de se couvrir contre le risque sanitaire comme le Coronavirus. Ensuite, souscrire à une assurance en pertes d’exploitation est particulièrement compliqué à cause du processus. Ceci nécessite en général un investissement important en temps qui peut aller jusqu’à plusieurs mois. Enfin, les assureurs doivent prévoir des garanties pouvant atteindre des sommes très élevées. Avec de telles contraintes, les assureurs se retrouvent dans une situation complexe rendant difficile l’octroi de garanties en perte d’exploitation sans dommages

Ainsi, l’accès à ce type de couverture d’assurance implique forcément des prix élevés dans le contexte actuel. D’autant plus que les cas de perte d’exploitation sont très difficiles à appréhender pour les assureurs. Néanmoins, il existe aujourd’hui certains groupes d’assurances qui proposent des offres en la matière comme Allianz par exemple.

La perte d’exploitation sans dommage dans d’autres segments

Actuellement, la garantie en perte d’exploitation sans dommage n’est proposée que par un nombre restreint d’assureurs. Si ce type de contrat est moins intéressant dans le cas d’un risque sanitaire, il faut savoir qu’il rencontre un certain « succès » dans d’autres risques tels que le terrorisme, le cyber-risque ou encore le risque climatique. Sur le marché actuel, les garanties sur les risques de perte d’exploitation due à des incidents cyber connaissent quelques « réussites » même si les capacités sont encore limitées.

Pour les assureurs, il est encore difficile d’évaluer les risques et de déterminer ce qui peut être assuré. C’est pourquoi la plupart portent moins d’intérêt à s’investir dans l’élaboration d’une offre en perte d’exploitation sans dommages répondant réellement aux besoins. 

Quelles solutions pour le risque Coronavirus ? 

L’exploitation sans dommage étant aujourd’hui mal couvert, une des solutions envisageables consiste à s’auto-assurer. Ceci passe notamment par la création de captives d’assurance qui permettra non seulement d’optimiser la gestion des risques, mais aussi de prendre en charge le risque sanitaire. Face à la complexité de la situation et compte tenu des obstacles à souscrire à un contrat spécifique sans dommage, la plupart des entreprises envisage aujourd’hui de recourir à l’auto-assurance. La mise en place d’une société d’assurance interne pourrait être une bonne alternative pour se couvrir face au durcissement du marché des risques d’entreprise.