Le risque d’entreprise, une priorité stratégique 

Dans un monde où le changement climatique constitue une menace majeure pour la survie de l’entreprise, le management des risques est désormais à placer au cœur de la stratégie de celles qui souhaitent tirer leur épingle du jeu.

Les rencontres de l’AMARAE qui se sont déroulées récemment à Deauville ont été une occasion pour les risk managers d’échanger sur les problématiques devenues complexes du paysage des risques. Sur le secteur de l’assurance « grands risques », on constate un durcissement du marché avec la fin de la baisse des tarifs qui a été observée depuis une quinzaine d’années. Les renouvellements de couverture se sont déroulés avec des négociations assez « rudes » entre les acteurs concernés : managers des risques, courtiers et assureurs. Et pour cause, les primes d’assurance ont notamment subi de fortes hausses. Les risques d’entreprise sont devenus un sujet de plus en plus difficile à analyser, avec des coûts importants en cas de sinistre.

 

Des problématiques plus diverses et interdépendantes

Les interruptions d’activités comptent parmi les principales menaces dans de nombreux pays. Leur cause peut être liée de près aux autres risques tels que la cyberattaque, les catastrophes naturelles ou encore les problèmes liés à la chaîne d’approvisionnement. Aussi, le monde de l’entreprise est confronté à des risques politiques comme le mouvement des gilets jaunes ou encore la grève contre la réforme de la retraite. D’autre part, la propagation de l’épidémie Coronavirus expose les organisations aux risques de pandémie, qui pourraient avoir des effets économiques importants et rapides. D’après une étude du Forum de Davos, le risque climatique figure parmi les principales préoccupations à long terme des chefs d’entreprises. Les risques liés à l’environnement sont susceptibles de provoquer une modification des business models, ce qui aura des conséquences sur la stratégie de l’entreprise.

 

Les trois risques d’entreprise majeurs à ne pas négliger

Le cyber risque

En 2020, le cyber figure en tête des classements des risques d’entreprise dans le monde. Il serait même la première crainte des sociétés. Occasionnant des dommages importants et des frais élevés, la cyber menace peut se présenter sous différentes formes : ransomwares, violations de données, usurpations d’identité. Des litiges et des poursuites judiciaires ont souvent lieu après des incidents cyber touchant une entreprise. De plus en plus d’entreprises, de toute taille, sont victimes de cyber crime depuis les cinq dernières années. Les cas de pertes d’exploitation ont augmenté significativement et la reprise d’activité pour certaines de ces entreprises est menacée.

 

Le risque de rupture de la chaîne d’approvisionnement

Le risque lié à la chaîne d’approvisionnement résulte d’un « dysfonctionnement » au sein d’un des composants de la Supply Chain de l’entreprise. Le plus souvent, il s’agit d’une mauvaise gestion liée à la finance ou bien à la communication. Les problèmes liés à la chaîne d’approvisionnement auraient un coût de 3 millions d’euros en moyenne. Et pourtant 65% des entreprises françaises ne disposeraient pas d’une cartographie de leur Supply Chain, 55% ignoreraient la localisation des sites de leurs fournisseurs, et 70% n’auraient pas d’informations sur leurs fournisseurs de rang 2. A noter que les sous-traitants de rang 1 sont à l’origine de 35% des défaillances rencontrées lors de ces cinq dernières années.

 

Le risque climatique

Avec une progression spectaculaire dans le classement mondial, le risque climatique constitue l’une des plus grandes préoccupations des entreprises à long terme. Les trois risques les plus importants répertoriés seraient : les évènements climatiques extrêmes, la non-atténuation du changement climatique, les dommages et les catastrophes écologiques d’origine humaine (pollution radioactive). Les menaces qui pèsent sur le climat sont particulièrement préoccupantes pour les dirigeants d’entreprise qui craignent une augmentation des dommages matériels. Les entreprises redoutent également que les risques liés au climat ne provoquent des changements au niveau opérationnel (transfert de site). D’autre part, les sociétés sont préoccupées par les impacts du changement climatique vis-à-vis de leurs consommateurs, mais aussi par le durcissement des mesures réglementaires.